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En Route Vers Copenhague…

04
Mar/13


En décembre 2009 aura lieu le sommet international sur le climat organisé par l'ONU à Copenhague. La communauté internationale devra revenir sur le protocole de Kyoto et ses objectifs et mettre en place des mesures efficaces afin de lutter contre le réchauffement climatique. Cependant les divergences entre les nations pourraient être un frein à une politique climatique mondiale ambitieuse.

La température moyenne sur Terre a augmenté de 0,6°C depuis la fin des années 1800 et on s’attend encore à une augmentation de 1,4 à 5,8°C d’ici à 2100 (selon les données du Giec). Cette montée des températures résulte de l'augmentation des quantités de gaz à effet de serre dans l'atmosphère depuis un siècle et demi liée aux activités humaines. Le sommet de la Terre de Rio (Brésil), en 1992, a marqué la prise de conscience internationale des risques liés au changement climatique. Les Etats participants y avaient pris l'engagement de stabiliser leurs émissions au niveau de 1990.


De Kyoto...


C'est le protocole adopté à Kyoto (Japon) le 11 décembre 1997 qui a traduit cette volonté en engagements quantitatifs juridiquement contraignants. Il propose un calendrier de réduction des émissions des six principaux gaz à effet de serre et prévoit des mécanismes de subsidiarité devant servir de compléments aux politiques nationales. Ouvert à ratification le 16 mars 1998, il est entré en vigueur le 16 février 2005 avec la ratification de la Russie le 22 octobre 2004. Désormais ratifié par 184 pays (juin 2009), le protocole ne comporte toutefois que des engagements pour 38 pays industrialisés, avec un objectif de réduction moyenne de 5,2% par rapport aux émissions de 1990 des émissions de six gaz à effet de serre entre 2008 et 2012.

Le protocole de Kyoto a été construit de façon à pouvoir évoluer : la première période d’engagement a une durée de cinq ans (2008-2012). Cependant, à l’époque où le protocole a été conclu, les négociateurs imaginaient uniquement de réexaminer l'engagement des pays ayant accepté de se fixer un objectif. Or, pour atteindre l'objectif de réduction d'émissions (limiter la hausse des températures à 2°C au-dessus du niveau pré-industriel), les efforts des pays industrialisés ne suffiront pas. Il paraît aujourd'hui difficile que le processus puisse continuer sans engagements chiffrés de la part des pays en développement.

...à Copenhague


C'est dans ce contexte que doit se tenir, du 7 au 18 décembre 2009, le sommet international sur le climat organisé par l'ONU à Copenhague. Son objectif est de renouveler – et surtout renforcer – le protocole de Kyoto, voire de négocier un nouveau traité international sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour la période post-2012. Ce sommet doit rassembler 192 pays et vise à définir une vision partagée de la lutte contre le changement climatique et à fixer les objectifs à atteindre à l’horizon 2020 par les pays développés et à l’horizon 2050 par toute la communauté internationale et les suites à donner au protocole de Kyoto.

Des réunions préliminaires organisées par les Nations-Unies devant permettre la rédaction d'un texte support à la conférence ont déjà eu lieu, à New York (Etats-Unis) du 14 au 16 septembre derniers puis à Bangkok (Thaïlande) du 28 septembre au 9 octobre. Cette dernière fut, selon les médias, constructive et a permis des avancées dans la rédaction du texte et la concertation.

Cependant, la Chine, le Brésil et la coalition du G77 regroupant les pays en développement y ont accusé les pays riches de tenter de revenir sur leurs engagements. En effet, ces pays réalisent qu'ils seront les premiers à souffrir des impacts du changement climatique et qu'ils doivent absolument réduire eux-mêmes leurs émissions. Mais ils estiment que les pays développés ne font pas d'efforts suffisants et ne les incitent pas à agir, notamment par des transferts financiers et technologiques significatifs. Par ailleurs, le 7e Forum mondial sur le développement durable consacré aux changements climatiques, qui aura lieu à Ouagadougou du 9 au 11 octobre 2009, donnera certainement lieu à de nouvelles discussions et un nouvel aperçu des revendications africaines.

Enfin, de nombreux pays regrettent le manque d'engagement et d'ambition des Etats-Unis. En effet, les Etats-Unis et d'autres pays (Australie et Canada notamment) souhaitent tourner la page du protocole de Kyoto. Mais nombre de négociateurs redoutent que le modèle proposé par les Américains n'introduise une trop grande flexibilité et ne permette pas d'enrayer l'envolée des températures. L'Union Européenne martèle son attachement aux acquis de Kyoto, tout en soulignant la nécessité de trouver un moyen d'intégrer les Américains, trop longtemps restés à l'écart, et les pays en développement qui doivent s'engager sur des objectifs chiffrés. Ainsi, bien que les Etats-Unis soient revenus à la table des négociations (sans avoir ratifié le protocole), des dissensions concernant la manière de chiffrer les objectifs de réduction d'émission de CO2 par pays risquent de bloquer les discussions.



1) Les acteurs de Copenhague

  • Les chefs d’états (ils arrivent normalement le dernier jour des négociations pour signer, soit le 17 décembre)
  • GIEC (groupe d’experts  intergouvernemental  sur l’évolution du Climat) : composé de chercheurs du monde entier, et dont l’avis est maintenant pris très au sérieux par tout le monde.
  • La « Société civile » : ONG, Individus, entreprises, collectivités locales. Deux groupements internationaux d’associations : CAN  (Climate Action Network), CJN ( Climate Justice Now) dont la déclinaison française est l’UCJS(urgence climatique justice sociale), les Indigènes. Ces  acteurs seront influent pendant Copenhague,  soit en faisant du lobbying, soit par pression symbolique (indigènes) soit par pression matériels (si on n’obtient pas ça, on arrête tel ou tel service).

A la fin ce sont les chefs d’états qui signent.

a) L’Union Européenne

Celle-ci est souvent présentée comme le bon élève de la classe pour plusieurs raisons. Elle a rempli ses objectifs de Kyoto de réduction de GES de 8% depuis 1990. Elle se dit prêt à prêter de l’argent aux pays du sud. Elle a pris le parti que la révolution écologique allait entrainer une révolution technologique et qu’il fallait se spécialiser dans les technologies vertes pour être à la pointe du secteur dès maintenant.
Cependant cette image tend à changer pour plusieurs raisons, notamment le fait que plusieurs pays de l’UE ne veulent plus donner de l’argent aux pays du sud parce que la crise les a déjà financièrement affectés.

b) Les Etats-Unis

Obama reconnaît, contrairement à George W Bush, le problème du changement climatique. Mais cela ne suffit pas car il n’a pas énormément de pouvoir à lui tout seul. Déjà Bill Clinton avait signé pour Kyoto, mais le congrès derrière lui avait refusé cette décision.
Les états unis sont très longs à changer, à l’image d’une grosse machine très lente à changer de direction. Ceci pour plusieurs raisons.

  • L’urbanisme américain est très différent de celui d’Europe, les villes y sont beaucoup plus étendues. Les mentalités concernant les grandes banlieues résidentielles et l’utilisation des transports en communs (quasiment inexistante et envisagée avec de la réticence).
  • Les différents états des USA ne veulent pas de contraintes extérieures (de par leur histoire très indépendante de l’influence des autres continents, et leur position de première puissance mondiale)
  • Pour l’instant ils parlent de changer leurs émissions de GES de 8-9% alors que le GIEC en demande 40% !
  • Les états Unis d’Amériques vont pousser dans le sens d’un accord peu contraignant (ambitions et sanctions en cas de non respect des objectifs)

-> Premier conflit, les pays du sud ne veulent d’un accord peu contraignant.

c) Les pays du Sud :

On parle souvent du « gp 77 » + la Chine : il s’agit d’un groupe de 129 pays en voie de développement, plus la chine.

  • La chine : elle est ok sur le principe du problème climatique et des changements que cela impose (notamment consciente du marché qui s’ouvre) mais elle veut gagner du temps, pour pouvoir  finir sa transition.
  • Les pays les plus pauvres : ils veulent de l’argent sans s’occuper de où elle provient.
  • Un groupe de pays pauvre mené par la Bolivie refuse de l’argent qui provient par des mécanismes de marché.

2) Les débats

  • a) Les niveaux de réduction de GES : Problème notamment pour les USA.
  • b) La responsabilité des pays du Nord. C’est un point de bataille fort pour le Gp77, les indigènes et la CNJ.
  • c) Le caractère contraignant des accords (de la recommandation à l’obligation avec sanction)
  • d) Le financement, notamment en faveur des pays du Sud.
  • e) Le niveau des sommes.
    • Comment est ce qu’elles vont être distribuées ?
    • Qui va les gérer ? Pour l’instant, les organes qui savent gérer de telles sommes sont le FMI et la banque mondiale (c’est ce que souhaitent les USA et l’UE). MAIS les pays du sud ne veulent absolument pas cette solution car elle donnerait trop de pouvoir aux pays du Nord (FMI et Banque mondiale peu influencés par l’ONU). Les pays du Sud veulent un autre organe géré par l’ONU directement.
  • d) Les marchés financiers. Ceci équivaut à « acheter » le droit de polluer. Pour l’instant ce système est en place depuis Kyoto et fonctionne assez mal, avec notamment quelques incohérences. Les plus mauvais vis-à-vis du climat gagnent de l’argent en s’améliorant, alors que ceux qui ont toujours respecté l’environnement n’en gagnent pas.

3) Conclusion

Copenhague risque de n’être que  le début des négociations internationales tant les problèmes sont multiples et tant les acteurs ont des points de vue et intérêts différents.